Du plateau à l'inter-file, ces premiers instants stressants

24.06.2020

je vous écrit aujourd'hui afin de vous parler d'une expérience que tous les jeunes nouveaux motards vivent un jour : la première expérience avec l'inter-file. 

 

Je tape ces quelques lignes depuis ma chaise en bois, sur un bureau en bois et le tout sur du parquet.

Non non, Je ne suis pas superstitieuse, mais on ne sait jamais… !

 

 

 

Flash-back

Lundi 6 février 2017, 6 h 30 du matin, une température d’environ 5 °C avec un ciel nuageux, mon réveil sonne, je suis déjà debout… J’ai une boule au ventre, mais je me prépare pour aller travailler. À la différence que je m’habille pour faire de la moto par temps froid. Petit-déjeuner sur le pouce et cette boule qui continue de grandir. Direction la cave, devant moi mes affaires de moto et cette boule qui prend de plus en plus de place. Je vais aller travailler à l’heure de pointe parisienne à moto… Mais qui a eu cette idée déjà ? ! Ah oui c’est moi. Je m’équipe tranquillement, en me répétant dans ma tête : « ça va aller, tu sais faire de la moto ». Me voilà prête, je sors la moto, je ferme le garage et gaz direction l’autoroute puis les quais de la Seine, 35 minutes de trajet uniquement en inter-file…

Me voilà sur l’autoroute, je remonte les files de voiture tranquillement, mais complètement crispée. Maintenant les quais de la Seine, les voitures sont beaucoup plus proches les unes des autres, attention aux rétroviseurs… Pouf, 35 minutes plus tard, je suis devant le garage de mon entreprise sans encombre. Voilà, ce n’était pas si compliqué que ça !

 

 

 

 

Retour en juin 2020

Aujourd’hui mon rituel du matin a bien changé. Mon réveil sonne et résonne… Tu connais la chanson. Je me lève un peu en retard, heureusement j’ai tout préparé la veille. Je me glisse dans mes vêtements, direction la cuisine, un grand verre d’eau et je récupère mon plat + mon petit-déjeuner. J’enfourne le tout dans mon sac, je le harnache à ma moto, je m’équipe et gaz toujours le même chemin. Ce qui a changé, plus aucune boule au ventre, j’ai confiance en moi, en mes réflexes et mon instinct, mais je reste toujours vigilante !

Voilà maintenant presque 4 ans que je vais travailler à moto du lundi au vendredi, tous les mois de l’année et qu’importe la météo (bon d’accord, sauf sous la neige). Et pour l’instant uniquement des peurs et des rappels à l’ordre, mais toujours sur mes 2 roues (tu comprends le pourquoi du comment du début de l’article 😊). Maintenant que j’ai planté le décor avec mon interminable introduction on va pouvoir entrer dans le cœur du sujet.

 

En inter-file comme en balade les dangers sont similaires : marquage au sol, condition climatique, plaque métallique et la liste continue… Ce qui change, c’est qu’au lieu de rouler sur ma voie, je roule entre 2 voix.

Pour rendre mes trajets le plus sûr possible, je vais vous partager mes petites astuces :

 

MON Regard

Je le porte loin devant pour anticiper tout mon environnement et le comportement des autres usagés : les clignotants, un véhicule sans rétro, un véhicule au comportement étrange, un véhicule qui se décale progressivement.

  • Je regarde dans les rétroviseurs extérieurs, je parle d’un coup d’œil rapide. Par ce simple coup d’œil, j’arrive à savoir :

    • Si je ne vois pas le visage de la personne, il y a de fortes chances qu’il ne me voit pas non plus.

    • Si je vois le visage de la personne, bonne nouvelle il est bien réglé alors :

  • Où regarde-t-il ? : devant = grande chance qu’il continue normalement | sur le côté = risque de changer de direction

  • Ce qu’il fait : conduire = parfait| téléphone, lecture, maquillage, rasage ou je ne sais quoi = risque de changer de direction, de dévier de sa trajectoire ou faire quelque chose d’improbable

  • Je regarde la position des mains sur le volant et/ou la position des roues. Si elles sont positionnées comme pour tourner, il y a de fortes chances pour que le véhicule change de direction d’ici peu.

  • Je garde toujours un œil derrière moi, même si le plus important est devant moi, j’utilise mes rétroviseurs pour contrôler ce qui se passe derrière moi.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

 

Ma position

Quand je remonte les files, je roule entre les deux files de véhicules les plus à gauche de la chaussée. Et dans la mesure du possible j’essaye de ne pas rouler sur les marquages au sol (principalement quand il pleut).

 

 

Anticiper les angles morts

Je n’y reste jamais quand je remonte une file de voiture qui roule. Et je fais attention, l’angle mort des camions est différent d’une voiture.

Même à un feu, j’essaye de faire en sorte que le conducteur du véhicule me repère avant qu’il ne redémarre.

Je n’oublie pas que j’ai aussi mon propre angle mort.

 

 

Laisser passer

Si je sens qu’une moto ou un scooter derrière moi me colle trop, je me rabats et le laisse passer. Aucun intérêt à sentir la pression de quelqu’un qui me colle le pneu arrière. Quand j’ai l’opportunité de m’intercaler entre 2 voitures en toute sécurité je le fais.

J'adapte ma vitesse

Je roule toujours plus vite que les autres véhicules dans le bouchon sans être dans l’excès, j’adapte ma vitesse à chaque instant. Quand la circulation est plus fluide je reprends ma place dans une voix. Mais je garde toujours à l’esprit que plus je roule vite, plus en cas d’accidents les blessures seront graves.

 

 

 

Je garde mes distances de sécurité

Quand il y a une moto ou un scooter devant moi, je laisse une distance de sécurité suffisante pour un freinage d’urgence mais assez restreinte pour éviter qu’une voiture décide de passer entre lui et moi.

 

 

Je m'écoute

J’écoute mon instinct (ma petite voix qui a toujours raison), s’il me dit NON, je ralentis, laisse passer mais je l’écoute ! À de nombreuses reprises il avait raison. Et plus je roule et plus mon instinct s'affûte et est bon !

 

Je dis merci

Quand un autre véhicule me laisse passer, je lui dis merci. J’aime souligner les efforts des uns et des autres pour que l’on roule tous ensemble, surtout le matin à 7 heures.

 

Je m’adapte au type d’usagé

Quand je fais de l’inter-file, ce ne sont pas les mêmes types d’usagé le matin, le midi ou le soir, période de vacances scolaires ou non, été ou hiver. Par exemple aux heures de pointe début octobre ce sont en général des usagers qui sont habitués au bouchon et à l’inter-file. 2 à 3 heures plus tard, ce n’est plus le cas et l’espace pour l’inter-file est fortement réduite et ils changent de direction de partout et c’est la même chose pendant les vacances…

 

 

Les petits + pas si bête

  • En général quand une voiture change de file loin devant moi, la probabilité que d’autres voitures réalisent la même chose entre moi et cette 1re voiture augmente fortement. Ne me demande pas pourquoi, peut-être du mimétisme, mais ma théorie est souvent vérifiée.

  • Quand je suis en inter-files, comme son nom l’indique, je roule entre file, là où se trouvent les marques au sol, les raccords de bitume, les trous et les autres choses improbables. J’y fais toujours très attention et encore plus quand la pluie s’invite.

  • À force de faire le même chemin chaque jour, j’ai appris par cœur les zones à très forts risques. Ils peuvent être de toutes sortes : problème sur la chaussée, zone embranchement, sortie de chantier… Et à chaque fois que j’arrive dans cette zone je redouble de vigilance.

  • J’ai toujours mon pied au-dessus de mon frein arrière afin de réagir au plus vite en cas de problème. En inter-file j’utilise beaucoup l’arrière car, si ma roue arrière glisse je sais la rattraper, alors que ma roue avant j’ai encore besoin de cours de conduite avec Marc Marquez… ^^

 

 

Évidemment, ce ne sont qu’une partie de mes astuces. J’ai souhaité mettre en avant les astuces que mon père m’avait données pour mes premières fois en inter-file et qui m’avaient bien aidé. Il m’avait dit que ce n’était qu’une partie et que le reste viendra naturellement une fois en situation. Et encore une fois il avait raison (il va être content de lire ça 😊).

Pendant la rédaction de l’article, je me suis rendu compte qu’à force de rouler en inter-file jour après jour, j’ai pris des réflexes et certaines actions sont tellement naturelles que je les fais sans y réfléchir. Mon esprit peut alors se concentrer principalement sur ma sécurité.

N'hésitez pas à nous faire part de vos expériences et conseils en inter-file !

 

Et prudence à toutes et tous !

 

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